L’homme est-il omnivore ou herbivore ?

Le meilleur moyen de savoir si l’homme doit être rangé dans les carnivores, omnivores, ou herbivores, est de comparer son anatomie avec celles des ces différentes classes d’êtres vivants répertoriées. Il n’est pas inutile d’y ajouter les frugivores car les similitudes sont tellement évidentes, comme nous allons le voir, que cela permet d’affiner la réponse.

AUX ORIGINES

L’alimentation humaine aux origines de l’humanité, selon les analyses du « caca paléolithique » , autrement mieux dit : « en analysant des coprolithes des fèces humaines fossilisées »), il ressort que l’homme était frugivore. Ce qui correspond à l’alimentation des grands singes encore aujourd’hui. Aliments crus (fruits doux, feuilles vertes, et légumes, graines, noix, et racines essentiellement, et accessoirement des insectes et autres produits animaux en petite proportion).

Un anatomiste français, Georges Cuvier (https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Cuvier), 1769-1832, était l’un des pères de l’anatomie comparée et de la paléontologie au 19° siècle. Professeur au Collège de France, membre de l’Académie des sciences, et de son équivalente londonienne la Royal Society. Il avait déjà conclu dans les années 1800 que l’homme devait avoir une alimentation composée exclusivement de végétaux. Résultat confirmé par Charles Darwin lui-même et d’autres grands savants par la suite, comme Albert Einstein par exemple.

ET AUJOURD’HUI ?

Plus récemment, dans le début de ce 21° siècle, le Docteur américain Milton Mills, issu de l’université de Stanford, spécialiste de médecine préventive et de nutrition. Il est aussi directeur adjoint de la médecine préventive au Comité des médecins pour la médecine responsable (PCRM). Et enfin co-auteur du rapport de la PCRM sur la discrimination raciale et ethnique dans les directives alimentaires des États-Unis. Il conclut pour sa part que l’appareil digestif humain est adapté à un régime strictement végétal.

Anatomie comparée : l'homme est adapté aux légumes et fruitsDans ce débat sur la place de l’homme parmi les groupes anatomiques des mammifères : carnivores, herbivores, omnivores, de Cuvier à Milton, l’un comme l’autre concluent que l’homme s’apparente aux herbivores et non-pas aux omnivores, et encore moins aux carnivores. Il est curieux de constater comme dans l’esprit des gens et dans l’éducation, cette évidence, démontrée de l’origine de ces analyses à aujourd’hui, et s’étirant sur trois siècles, n’est toujours pas comprise et assimilée.

CONFUSION ENTRE COMPORTEMENT ET PRÉDISPOSITION

L’une des raisons, presque excusable oserai-je dire, est que l’on compare souvent à tort les comportements alimentaires, et non-pas les prédispositions des organismes. Autrement dit on constate ce que l’homme mange au lieu de regarder pour quelle alimentation il est fait. Ce qui conduit à une grossière erreur d’analyse et à de fausses conclusions. L’autre raison est sans doute que les filières alimentaires industrielles telles quelles sont organisées rapportent beaucoup d’argent à certains. Elles représentent des millions d’emplois qu’il ne serait guère opportun de sacrifier sur l’hôtel du réalisme de la nature dans nos sociétés économiquement asservies riches multinationales.

Anatomie comparée : l'homme est frugivoreANATOMIE COMPARÉE

L’anatomie comparée entre carnivores, omnivores, herbivores, frugivores, et humains confirme notre prédisposition physiologique au régime frugivore. Placenta, pieds, ongles, yeux, peau, incisives, molaires, mâchoire et formule dentaire sont strictement identiques entre frugivores et humains, la seule différence concerne la présence d’une queue, parfois, chez les frugivores et non chez l’homme. Même chose pour les glandes salivaires, la langue, le mode d’allaitement, l’estomac, le tube digestif, le foie, l’intestin grêle et le colon.

Anatomie comparée : le système digestifDe plus Il faut noter que l’uréase, une enzyme qui décompose l’acide urique de la viande, est présente chez les carnivores et les omnivores, mais absente chez les herbivores, frugivores et humains. Tout comme la vitamine C que synthétisent carnivores et omnivores mais qui doit être apportée quotidiennement par la nourriture aux herbivores, frugivores et humains. Encore un point particulièrement parlant, la longueur du tube digestif :

  • 3 fois la longueur du tronc pour les carnivores,
  • 10 fois pour les omnivores,
  • 30 fois pour les herbivores,
  • alors que celui des frugivores et humains représente 12 fois la longueur du tronc.

Pareil pour la longueur de l’intestin grêle :

  • 3 à 6 fois la longueur du tronc chez les carnivores,
  • 4 à 6 fois chez les omnivores,
  • contre 10 à 12 fois pour les herbivores et frugivores, et 10 à 11 fois chez l’homme.
ALLONS PLUS LOIN

On peut encore multiplier les exemples par les consistances du colon, des intestins, de la langue ou de l’estomac, par les modes d’allaitement, ou les pH. En résumé tout conduit à faire de nous les égaux des frugivores, pas très éloignés des herbivores, mais certainement pas des omnivores et encore moins des carnivores. Voilà la réalité.

Dire aujourd’hui que l’homme est omnivore par nature est totalement faux. Il l’est dans son comportement mais en aucun cas naturellement. Il n’est pas physiologiquement constitué pour ça, ni même pour être herbivore, ce qu’affirme Gary Yourofsky par exemple, mais pour être frugivore. Après tout ce n’est que logique si on se réfère à l’alimentation des grands singes qui demeurent certainement les animaux physiquement les plus proches de l’homme. On observe au passage que eux ont conservé leur comportement originel car ils n’ont pas « bénéficié des avancées de la société »…

Réalité occultée
Extrait d'une photo de poussins morts de L214 - Éthique & animaux.
Extrait d’une photo de poussins morts de L214 – Éthique & animaux.

Pour comprendre pourquoi la société moderne est fondée sur une telle absurdité il faut prendre en considération le poids financier que représente l’alimentation dans celle-ci. Toute l’organisation agro-alimentaire et ses millions d’emplois (on y reviendra ultérieurement). Et tristement, entre des millions d’emplois et des millions de cadavres d’animaux le choix a été vite fait. Bien trop vite, à tel point qu’il est devenu très difficile, même quasi impossible, de faire admettre aujourd’hui ce qui est naturel par rapport à ce qui n’est qu’un comportement.

Reste à voir, maintenant qu’il est établi que l’organisme humain est frugivore, quelles sont les conséquences de l’alimentation omnivore que notre espèce a adopté contre nature. Nous sommes nous adaptés ? Avons-nous évolué au sens darwinien du terme ? Nous sommes-nous adaptés ? Ou bien au contraire notre corps n’accepte pas ce changement et se venge avec tout un tas de maladies que nous n’aurions pas si nous étions restés en harmonie avec la nature ? Quid des carences ? Ces questions méritent d’être posées non ? Nous y reviendront…

CONCLUSION

Ce qui est certain à ce stade, pour en revenir à la raison et à la mission de l’aventure végane, c’est que le fait d’adopter un régime végétarien ou végétalien au minimum, et végan au mieux, est en harmonie complète avec notre nature. En revanche, le fait de manger de la chair, que ce soit de la viande ou du poisson, est bel et bien contre nature. Voilà déjà une réponse claire obtenue à l’une de nos préoccupations.

Olivier
France – 19 février 2017

Sources de documentation et d’inspiration :