Manger végan en Bretagne

Manger vegan en Bretagne

manger vegan en bretagne
Bretagne – Finistère : plage et petit port bretons

La famille végane est de retour de vacances en Bretagne, il est temps de reprendre la parole pour partager avec vous quelques moments passés durant les congés. Et quelques expériences véganes. En particulier comment manger végan en Bretagne ? Et plus généralement en vacances.

Habitués aux vacances en Bretagne nous étions également habitués à profiter de la proximité de la mer pour s’en nourrir. Mais cette année, la famille étant devenue végane depuis six mois, le terme « s’en nourrir » a pris un tout autre sens. Fini la pêche, les poissons, crustacés, coquillages, crêpes, chouchen, far, kouign-aman, etc… Bonjour les algues ! Eh oui, nous avons troqué avec plaisir nos anciennes habitudes de carnistes contre la découverte d’autres bienfaits de la mer, jusqu’ici quelque peu ignorés. En particulier la variété et la richesse de la flore aquatique maritime et de ses apports nutritionnels, en particulier en iode. Élément indispensable dont la nourriture est souvent dépourvue, au point d’être instillé à l’humain de façon indirecte à travers viande et lait. Et par conséquent difficile à absorber en quantités suffisante pour les végans (voir article antérieur sur l’iode ici…).

Les réactions des proches

La première « épreuve » de nos vacances véganes fut l’expérience d’un repas avec nos proches, famille et amis que nous retrouvons chaque année. Habitués aux barbecues de viandes ou poissons grillés, il fallait cette année innover. De plus nous n’avions pas envie que notre nouvelle éthique pose un problème à nos proches. Pour ce faire, dès le début du séjour, nous les avons donc convié à un barbecue « mixte ». Grand-maman étant avec nous et non-végane j’ai donc pris sur moi en leur cuisinant une cuisse de dinde au barbecue. Je dois reconnaître que cela a été moralement pénible, très pénible même. Bien entendu je ne l’ai pas trop montré. Je voulais qu’ils constatent par eux-mêmes ce que nous mangions, notre tolérance, et surtout que le choix que nous avons fait ne doit pas être un obstacle aux liens affectifs.

Néanmoins, j’ai été très affecté personnellement de cuire de la viande. Cela m’a intérieurement rendu très triste. C’est la première fois que cela m’arrivait depuis six mois et j’ai dû surmonter un sentiment très pénible de trahison de mon engagement envers les animaux. Mais j’ai réussi mon pari, le repas a été aussi agréable que nous en avions l’habitude. Nous étions tous heureux de nous retrouver et de partager ce bon moment. À quel prix ? me direz-vous. Oui bien sûr c’est très cher payé côté mental, mais je ne le regrette pas. Nous avons discuté véganisme, alimentation, santé, un peu d’écologie, mais notre message est passé, nous avons été compris, et le respect a été mutuel.

Je crois sincèrement que le véganisme ne doit pas être un obstacle dans les rapports humains, surtout avec des proches. Au contraire il doit donner l’occasion d’échanger et d’exposer les raisons de notre décision. Si en plus, il occasionne des réflexions personnelles, voire des changements d’habitudes alimentaires chez nos proches cela devient même très positif. Je n’affirme pas que cela s’est produit, mais je veux croire que cela arrivera.

manger vegan en bretagne
Brochettes de légumes au barbecue

Le menu

Que je vous décrive quand même la composition du repas : après l’apéro, en entrée une grosse salade de crudités, ensuite des brochettes de légumes au barbecue pour nous, avec des patates dans la braise, le tout accompagné d’une sauce végane à base de cacahuètes, crème de soja et épices (appréciée par tous). Ceci suivi de fromage pour les carnistes et d’une grande salade de fruit pour tout le monde. L’ensemble arrosé de… rosé.

Restaurant « vegan friendly » à Vannes

À l’occasion d’une sortie à Vannes, dans le Morbihan, nous cherchions un restaurant nous permettant de manger végane. Ou au minimum végétarien car cela reste difficile à trouver. Nous repérons un « burger végétarien » sur la carte de la Brasserie L’Océan (place Gambetta, à gauche de la porte de la rue Saint-Vincent). Nous nous installons donc sur la terrasse, face au port et passons notre commande. Quelques minutes plus tard le serveur revient nous annoncer qu’il n’y a plus de burgers végétariens ! Déception. J’explique au serveur que nous allons devoir quitter le restaurant car c’est pour cette raison que nous l’avions choisi, étant végans. Il retourne voir ce que le chef peut nous proposer.

Un instant plus tard un autre serveur, ou cuisinier, vient nous voir et nous propose de remplacer le « steak » de légumes par quelques légumes frais et des sauces végétales en accompagnement. Il ajoute même que ce sera mieux pour nous car nous échapperons ainsi au lait contenu dans les « steaks végétariens ».  Banco ! Nous restons et ne l’avons pas du tout regretté. Non seulement le végan y est compris, mais très bien reçu. Même si ce n’est pas indiqué sur la carte, on peut classer cette brasserie dans la catégorie « vegan friendly ». Je recommande car on s’est vraiment régalé du burger garni de champignons, tomate, salade, brocoli et courgette, des frites maison, et des sauces de soja et de citron. Avec un petit blanc bien frais et un sorbet pour pousser, c’était parfait ! ==> http://hotel-locean.fr/fr/

Les « vraies » galettes bretonnes sont véganes !

Fans des repas de crêpes, nous nous étions tous fait à l’idée que ce serait terminé en étant végans. Mais à l’occasion de l’achat d’une galette complète pour Grand-maman, j’ai discuté avec la crêpière bretonne et j’ai appris que dans la composition de la pâte de la galette bretonne il n’y a ni lait, ni œuf, ni beurre, seulement farine, eau et sel. Ceci m’a été confirmé une seconde fois ultérieurement par une autre crêpière, bretonne pur jus également. C’est dingue car si vous regardez la composition des galettes dans les supermarchés vous y trouverez des laitages qui n’ont donc rien à y faire !

Avec la première crêpière nous avons évoqué l’idée de mettre au point une galette végane. Elle a en effet constaté que végétariens et végétaliens sont de plus en plus nombreux. Une bonne nouvelle au passage. L’idée était donc de proposer une galette garnie d’oignons, champignons, tomates et salade. Cela aurait été parfait. Malheureusement le manque de temps et de volonté a fait que la crêpière n’a pas concrétiser l’idée.

La galette-dessert ! Pourquoi pas ?

Mais une autre idée a germé dans mon esprit fertile, avec la seconde crêpière bretonne : la crêperie snack située sur la droite de l’entrée de la plage de Trébeurden, dans les Côtes-d’Armor. Comme elle proposait des crêpes garnies de bananes et confitures en dessert, en bonne commerçante, elle n’a pas hésité une seconde à nous confectionner des galettes (très bien) garnies de bananes, jus de citron et confitures, et sans mettre de beurre sur sa plaque. Là encore nous nous sommes régalés, tout en mangeant local.

Si vous allez faire un tour sur la grande plage de Trébeurden, Tresmeur, rendez donc visite à ce charmant couple de sexagénaires (ou plus ?) , installé à l’entrée de la plage depuis des années (sur la droite, juste avant les cabines de plage), sympathique, accueillant, et commerçant. Et n’hésitez pas à leur faire une petite commande « spéciale végan » à partir des galettes maison. Vous constaterez avec ce couple que la compréhension, la gentillesse et le respect des autres n’ont pas de limite d’âge. Vous pourrez également y acheter des galettes à emporter que vous pourrez garnir comme vous l’entendez chez vous.

Ce qu’il faut retenir de ces petites expériences c’est que la galette bretonne est végane, si elle est confectionnée traditionnellement, contrairement à la crêpe. En revanche, les galettes pas bonnes et pré-emballées des supermarchés ne le sont pas ! À oublier !

Des super frites maison !

Puisque l’on est vers Trébeurden j’en profite pour signaler une petite équipe de jeunes gens qui officie sur la plage de Trozoul (au bas de la rue du même nom, avant le port). Vous pourrez même les regarder vous confectionner les frites à la mimine ! De la pure patate bretonne préparée avec amour, à ne rater sous aucun prétexte par ceux qui aiment les bonnes frites maison.

Du côté des algues bretonnes

manger vegan en bretagne
Les Tartinables de Marinoë

Les algues, et la cuisine aux algues, sont de plus en plus en vogue. Mais ce qui nous intéresse ce n’est pas le côté « tendance« , on s’en fiche, c’est le côté nutritif, apport d’iode et véganisme. L’originalité du goût des algues est aussi intéressante, cela apporte de la variété aux plats et assaisonnements, en plus d’être excellent pour la santé. Du côté de Perros-Guirec (Côtes-d’Armor – 22), et à La Clarté en particulier, vous trouverez un nouveau magasin bio : L’Atelier Fermier. Et dans ses rayons des produits Marinoë, fabricant breton de préparations à base d’algues cultivées à Lesconil (Finistère Sud – 29).

Gomasio aux algues et Salade Océane
Gomasio aux algues et Salade Océane

Parmi leurs mailleurs produits, estampillés « végan », nous nous sommes régalés avec les Tartinables : Pesto marin à la tomate, Olives noires et tartare d’algues. Les assaisonnements « Gomasio aux algues » de Marinoë et la « Salade Océane » de Bretagne-Océan nous ont fait aussi craquer. Sans oublier la confiture d’algues, ou encore le court-bouillon d’algues et de fleur de sel de Guérande.

Sur les marchés de Lannion, Trégastel, et bien d’autres de la côte de granit rose, vous trouverez également des vendeurs d’algues, y-compris des kits dosés tout prêt à être utilisé pour se concocter des salades et des plats à base d’algues. C’est l’occasion de rappeler que les meilleurs algues du point de vue de la teneur en iode sont :

  • la laminaire (ou kombu, ou kelp),
  • la laminaire sucrée (ou kumbu royal),
  • le goémon noir,
  • l’ouessane (ou wakamé),
  • le haricot de mer (ou spaghetti de mer),
  • la dulse,
  • le nori (ou laver),
  • la laitue de mer.

Vous ne les trouverez pas toutes, mais kombu, wakamé, dulse, nori et laitue de mer sont assez présentes.

Une crêperie végane à Perros-Guirec

Une des bonnes surprises de l’été fut de constater l’existence d’une crêperie végane, Ty Veg, à proximité de l’église dans le centre de Perros-Guirec. Pour être plus précis c’est une crêperie « bio, végane et traditionnelle« , ce qui est parfait pour faire une sortie au restaurant avec des non-végans et manger local en même temps. Voici de quoi vous mettre l’eau à la bouche… :

Sincèrement, on s’est régalé ! Les galettes et les crêpes véganes sont excellentes, tout comme les traditionnelles selon Grand-maman. Une petite salade d’accompagnement à la sauce de soja est servie avec les galettes. Juste un petit bémol : le cidre. Artisanal et bio, certes, mais franchement trop doux. Rien à voir avec un cidre brut traditionnel, il est trop sucré et peu pétillant, c’est dommage. Mais ceci est largement compensé par tout le reste et par l’accueil du propriétaire, vraiment sympathique et à l’écoute. Un bon moment et un bon souvenir.

En discutant un peu avec le patron et le personnel j’ai appris qu’environ 20% de la clientèle était végane, jusqu’à 30/40% en saison avec le passage en plus. Bien entendu la pérennité de la crêperie (ouverte fin 2016) ne peut être assurée, actuellement, que par le fait que la nourriture y soit mixte. Mais il est quand même encourageant de voir un établissement qui adhère ouvertement au véganisme (le patron est végan bien sûr) puisse se développer et demeurer. C’est l’occasion pour les clients carnistes et végétariens de goûter et apprécier l’alimentation qui ne fait pas de mal aux animaux et ne profite pas d’eux. Cela leur donne l’occasion de réfléchir et, pour certains, de se remettre en question. La cohabitation entre les deux mondes est inévitable pendant un certain nombre d’années. Avec intelligence, Jean-Christophe Canaux, le gérant de Ty Veg, participe à la transition. Tout le mal que je lui souhaite est de pouvoir, un jour, proposer une carte 100% végan et en vivre.

Les liens de Ty Veg :

Olivier
5 septembre 2017