Les effets de l’alimentation omnivore

Pour mesurer les effets de l’alimentation omnivore de l’homme sur la planète, je vous conseille la visite et la lecture attentive du site http://viande.info, une émanation de l’association L214 Éthique et Animaux. Ce site est dédié à l’impact de la viande sur les humains, les animaux et l’environnement. J’ai eu envie de faire une synthèse d’une partie des chiffres et effets les plus marquants à partir de ce site car je suis doublement effaré. D’une part en raison des conditions déplorables et infâmes dans lesquelles les animaux sont « élevés ». Et d’autre part à cause des effets sur l’environnement et de la responsabilité que nous portons en consommant de la viande, du lait et des œufs . Je vous y renvoie pour des explications plus détaillées et pour les sources nombreuses et indiscutables sur lesquelles sont basées les informations que je vais récapituler ici.

L’homme, par nature, n’est pas carnivore

Je ne reviendrai pas sur le fait que le comportement omnivore de l’humain, qui inclut le comportement carnivore, n’est justement qu’un comportement et ne correspond ni à la nature humaine, ni à ses besoins. Pour ça lire mon article : « L’homme est-il omnivore ou herbivore ?« .

Production et consommation de viande, lait, œufs

En France, chaque année :

  • plus d’un milliard d’animaux sont tués dans les abattoirs
  • 15 milliards d’œufs sont produits
  • 24,5 milliards de litres de lait sont produits
  • par habitant on consomme 89 kg d’équivalent carcasse (c’est l’unité de mesure) de viande
  • par habitant on consomme 230 œufs

Dans le monde, on produit (chiffres de 2012) :

  • 302 millions de tonnes de viande (contre 45 en 1950)
  • 754 millions de tonnes de lait (contre 344,2 en 1961)
  • 1.180 milliards d’œufs, soit 71,9 millions de tonnes (contre 15 millions en 1961)

Une petite vidéo de 4mn pour tout comprendre

(Source : Le Monde / http://www.cnewsmatin.fr/environnement/2017-02-23/la-consommation-de-viande-principale-cause-du-rechauffement-climatique)

  • Impact de la production de viande, lait et œufs

    • Effet de serre

      • l’élevage est responsable de 14,5% des émissions de GEF (gaz à effet de serre) dont 9,3% pour les seuls bovins, c’est plus que le secteur entier des transports (voitures, avions, …)
      • le secteur de l’élevage produit 7,1 milliards de tonnes d’équivalent CO2 qui se répartissent ainsi :
        • 45% pour la production et le transport des aliments
        • 39% proviennent de la fermentation gastrique des ruminants
        • 10% viennent du stockage et de l’utilisation du lisier
        • 6% pour le transport, l’abattage des animaux, et le stockage des produits animaux
      • Déforestation

        • l’élevage est responsable de 80% de la déforestation en Amazonie : l’élevage extensif et le soja exporté comme aliment du bétail en sont la première cause
          • l’Union Européenne est le 4° importateur de bovins (après USA, Russie et Japon)
          • 80% proviennent d’Amérique du Sud
          • les français en sont les premiers consommateurs de l’Union Européenne
            • ils contribuent ainsi DIRECTEMENT à la déforestation en Amérique du Sud
          • la déforestation contribue pour 6% aux émissions mondiales de GES aujourd’hui

==> La déforestation perturbe le cycle de l’eau, réduit la biodiversité, l’élevage y érode les sols et rend les terres inutilisables !

==> Produire 1 kg de protéines sous forme de viande de bœuf émet en moyenne 300 kg d’équivalent CO2 !

==> Un végétalien émet 2,5 fois moins de gaz à effet de serre par son alimentation qu’un omnivore !

Les effets de l'alimentation omnivore : Carte de la consommation de viande dans le monde
Carte de la consommation de viande dans le monde (sources : http://chartsbin.com/view/25423 et http://www.fao.org)

Effet de l’alimentation omnivore sur le réchauffement climatique

Je cite : « … la simple application des recommandations nutritionnelles de l’École de santé publique de Harvard, …, permettrait de réduire de 36 % les émissions de GES d’origine agricole, et de 8 % les émissions totales. Cette simple mesure serait aussi efficace que de diviser par deux l’ensemble du trafic routier mondial. » (source : https://www.viande.info/elevage-viande-gaz-effet-serre#chiffres-cles)

  • SOUFFRANCE ANIMALE en France (chiffres 2014)

    • 664 sur 800 millions de poulets de chair sont élevés enfermés, soit 83% !
    • 32 sur 47 millions de poules pondeuses sont élevées en batterie de cages, soit 68% !
    • 35,6 sur 36 millions de lapins sont élevés en batterie de cages, soit 99% !
    • 24 sur 25 millions de cochons sont élevés sur caillebotis en bâtiments, soit 96% !
      • les poussins naissent dans des armoires à incubation sans contact maternel
      • les poussins mâles des poules pondeuses sont broyés ou gazés dès leur sexage effectué
      • les bébés femelles des oies, non utilisées pour produire le foie gras, sont tués
        • les vaches, brebis et chèvres sont inséminées (violées) en général chaque année
        • leurs petits leur sont enlevés dès la naissance, mères et petits en restent traumatisés
        • les truies sont entravées et ne servent que de biberons vivants à leurs petits
          • les poules pondeuses donnent 300 œufs par an contre 60 à l’état sauvage
          • les truies donnent 27 petits par an contre 16 en 1970
            • pour les adapter à la surpopulation et à l’enfermement les animaux sont mutilés :
              • becs coupés, griffes ôtées, queues coupées, dents rognées, cornes ôtées et castration (à vif) des porcs, veaux et chapons
              • les comportements naturels des animaux sont entravés de multiple façons

==> Les preuves en images sur le site L214 : Poules pondeusesVaches, bœufs, bovins –  MoutonsCochonsCanards à foie grasChevauxCaillesChevreauxLapins

==> En France, plus de 80% des animaux sont élevés en bâtiments fermés, parqués en cage ou sur des caillebotis sans accès à l’extérieur !

==> 25% des lapins et 20% des porcs meurent avant d’avoir atteint l’âge de leur mort programmée en raison de leurs conditions d’existence !

==> Il est désormais établi que les animaux vertébrés, les céphalopodes et divers crustacés éprouvent des sensations et émotions et possèdent des capacités cognitives.

D’autres effets de l’alimentation omnivore

  • 70% de la surface agricole mondiale est utilisée pour le bétail (pâturages et nourriture).
  • Un tiers des céréales produites dans le monde servent à nourrir le bétail, la même quantité permettrait de nourrir 3 milliards d’êtres humains.
  • La production d’un kg de bœuf en élevage industriel consomme 13.500 litres d’eau, soit 10 fois plus que la production de riz (1.400 litres) ou de blé (1.200 litres).

Une dernière petite vidéo de 4mn30

Les solutions et leur application passeront par la politisation

Voilà pour ce petit récapitulatif sur les effets de l’alimentation omnivore de l’homme sur la planète. C’est consternant non ? Vous me direz : « Mais quoi faire alors ? C’est bien beau de dénoncer ce système, mais quelles solutions mettre en face ? » En effet, supprimer l’alimentation carnée, les œufs et le lait de l’alimentation n’ira pas sans poser de multiples problèmes. Et en premier lieu le recyclage de tous les travailleurs qui vivent de ces filières. Agriculteurs, éleveurs, employés des abattoirs, transporteurs, …

Un aparté sur les agriculteurs et éleveurs

Je remarque d’ailleurs au passage que les agriculteurs et éleveurs ne profitent même pas de la manne financière que ce secteur représente puisqu’en France ils n’arrêtent pas de se plaindre, sans aucun doute à juste titre, de ne pas gagner leur vie. Ceci au point que certains se suicident même car ils sont à bout et ne trouvent pas de solutions. Heureusement il y a l’Europe que les véritables maitres du marché leur souffle comme responsable de tous leurs problèmes. Pratique…

Mais la réalité c’est qu’ils sont coincés entre les multinationales qui leur vendent à prix d’or les machines, semences, engrais, aliments et autres saletés qu’ils donnent aux animaux, d’un côté. Et les distributeurs qui accaparent les marges bénéficiaires en ne leur payant même pas le prix de revient de leurs production, de l’autre côté. On comprend qu’ils peinent à s’en sortir.

Les organisations syndicales des agriculteurs et éleveurs ont réussi l’exploit, au fil du temps, de coincer leurs membres professionnels entre les mâchoires sans pitiés des deux bouts de la chaîne. Faut quand même le faire ! Plus nuls tu meures !

Pour finir ils ont perdu toute maîtrise de leur marché en le laissant aux mains des multinationales. Lesquelles, grâce à cela, ont largement les moyens de faire le lobbying nécessaire, aux plus hauts niveaux, pour tromper les consommateurs sur leurs propres besoins. C’est le cercle infernal où les plus riches s’enrichissent encore plus sur le dos des plus pauvres qui s’appauvrissent encore plus aussi pour survivre. Et tout ceci sur le dos des consommateurs asservis par la publicité, les fausses études, les conseils bidons, une instruction qui n’est pas à la hauteur, et les idées reçues. Machiavélique !

CONCLUSION

C’est pourquoi je suis convaincu qu’il est nécessaire de politiser cette cause pour contrer les effets de l’alimentation omnivore. Seule une prise de conscience collective des gouvernants peut apporter des changements réels car il est nécessaire de réattribuer les capitaux et recycler les personnels de toutes ces filières. Cela ne peut se faire en claquant dans les doigts. Il faut des années pour aboutir. Seule une volonté politique, à grand renfort de pédagogie et de capitaux peut assurer le recyclage des professionnels et la modification en profondeur des habitudes alimentaires.

Mais les impacts multiples sur l’environnement et la santé fournissent les arguments qui peuvent être facilement expliqués et compris par les citoyens. Même si pour la plupart des consommateurs le respect d’une éthique visant à protéger tous les êtres vivants et à cesser d’exploiter et maltraiter les animaux n’est pas le premier argument, il n’en sera que mieux admis et compris face au bonheur, à la fierté, et au bien-être moral que cela leur procurera à terme. Et surtout la satisfaction de laisser aux générations futures un monde dénué de cruauté dans un environnement écologique, sain et durable.

Je veux y croire, il est indispensable de garder l’esprit ouvert face à aux inquiétudes de nos enfants. De comprendre leurs choix alimentaires lorsqu’ils rejettent l’alimentation omnivore pour devenir végans. Il est temps de mettre au placard les fiertés mal placées des adultes condescendants pour regarder la réalité en face. Ce n’est peut-être pas ma génération qui réussira à changer les choses en profondeur et qui ira au bout de ces changements, mais au moins qu’elle l’amorce serait déjà un début prometteur.

Olivier
6 mars 2017