Quatre mois de véganisme en famille, un premier bilan

Veganisme en pratique !

Voilà maintenant quatre mois que notre famille s’est engagée dans la voie végane par choix éthique. L’occasion de faire un petit bilan. Et surtout, en premier lieu, de constater que la joie d’être végane, et même la fierté, sont au rendez-vous. Nous sommes assurément plus heureux depuis que nous sommes devenus végans. C’est le point le plus positif et le plus valorisant. Savoir que nous ne faisons plus aucun mal aux animaux, directement et indirectement, et savoir que nous participons à protéger, voire sauver, notre planète sont les deux piliers de notre engagement et n’apportent que du bonheur. Nous pouvons tous en témoigner. Être végan est un bonheur personnel et augmente considérablement l’estime de soi. C’est indéniable.

Impact sur l’entourage

4 mois de veganisme en familleCôté famille et amis, dans l’ensemble tout le monde comprend notre décision. Mais j’observe que, passé le moment de l’explication et de la compréhension, ça ne va pas plus loin. Cela ne provoque pas la prise de conscience que j’espérais. Je suis assez déçu de ce point de vue. Les gens écoutent, comprennent et même admettent pour nous, mais ceux qui reconnaissent l’exploitation des animaux et les cruautés qui vont avec comme abusives ne s’engouffrent pas pour autant dans la brèche que nous leur ouvrons. Ils passent vite à d’autres sujets de discussion, moins dérangeant pour leurs habitudes, et ne se remettent pas en cause par rapport aux animaux. C’est triste.

Bien sûr nous ne nous montrons pas agressifs, ni culpabilisants ou cyniques, ce serait stupide, mais je pense qu’il va falloir aller plus loin pour espérer, sinon convertir, au moins fortement sensibiliser les personnes. Rentrer dans les détails et montrer les vidéos des maltraitances ou d’un discours explicite comme celui de Gary Yourofsky sont des étapes qu’il va falloir franchir pour espérer sensibiliser d’avantage et, à terme, convertir.

Il faut parfois choquer pour ouvrir les esprits

4 mois de veganisme en familleIl y a, dans les communautés véganes, des groupes qui sont contre le fait de montrer des vidéos de maltraitances animales pour justifier le véganisme. Ils estiment que la seule information des gens doit être suffisante pour provoquer des prises de conscience. C’est faux ! Ils sont dans l’erreur la plus totale et dans le déni de l’égoïsme, de l’importance des habitudes, et du manque de réflexion des humains. Ces trois traits de caractères sont malheureusement majoritairement communs chez les hommes. Ils peuvent toujours se bercer d’illusion en croyant à la bonne volonté et à l’intelligence, mais comme on me l’a reproché pour autre chose, ils demeurent dans la croyance et non pas dans la réalité.

4 mois de veganisme en familleLa réalité est telle que si on ne choque pas une personne, que ce soit par des images ou par un discours, le poids des habitudes et la volonté de ne pas trop réfléchir l’emportent. Pourquoi ? Parce que l’homme est un grand fainéant, tout simplement. Des décennies de protections en tous genres l’ont rendu inerte. Certains diront les difficultés de la vie aussi. OK ! Pourtant décider de ne plus faire souffrir ni exploiter les animaux, De ne plus se comporter en criminel. De ne plus participer au plus grand génocide de tous les temps. De protéger et sauver notre environnement. C’est ça qui rend la vie meilleure. Pas besoin d’être un intellectuel pour le comprendre.

Riche ou pauvre il suffit d’observer, comprendre, réfléchir, et finalement de prendre une décision qui ne peut rendre que meilleur. Mais pour en arriver là il faut choquer. Le choc engendre la réflexion et ce qui suit. Mais malheureusement pas le seul fait de dire « Tiens au fait, je suis devenu végan. » Ça, ça va intéresser les gens cinq minutes, mais ça ne provoquera que de trop rares remises en question. Je parle en général bien entendu. On n’est jamais à l’abri, heureusement, de tomber sur quelqu’un d’intelligent…

Le végan doit-il être un missionnaire ?

4 mois de veganisme en familleCertes nous ne sommes pas en mission, au départ en tout cas et ce n’est pas comme cela que nous abordons la question éthique, c’est d’abord pour les animaux et pour nous ensuite. Mais d’un autre côté il faut bien se dire que si l’on ne provoque pas d’autres conversions et restons seuls sur cette voie, les choses n’évolueront pas du tout ou très peu au niveau général. Et c’est quand même aussi pour que l’attitude générale change à l’égard des animaux que nous avons fait ce choix. En toute logique, s’efforcer de convertir d’autres personnes fait partie de l’attitude végane à mon sens. Chacun avec ses moyens. Et encore une fois, en douceur, sans agressivité. Montrer et expliquer les faits devrait être suffisant pour provoquer des prises de conscience. Mais avant ça il faut provoquer le déclic.

Quoi qu’il-en-soit je crois qu’il ne faut pas rater la moindre occasion de parler de son véganisme et d’ouvrir l’esprit des gens à celui-ci. Bon, faut pas les saouler non plus. Mais beaucoup ne sont pas informés. Ils savent plus ou moins que certaines personnes sont végétariennes, point final. Et quand ils savent qu’un régime entièrement végétalien est adopté par une partie de la population ils jugent trop souvent, sans aucune connaissance en matière de nutrition, que c’est la forme la plus dangereuse qui soit de s’alimenter. Il est plus que temps de rectifier ce concert d’idées reçues ou d’ignorances et de faire savoir qu’il n’y a aucun danger à être végétalien, mais que du bonheur. Tout en gardant à l’esprit que des précautions sont à prendre (prendre sa B12 et de l’iode par exemple, voir plus bas) en raison des perversions du système agro-alimentaire entretenu par les industriels pour accroître leurs richesses. Oui je pense que le végan, dans le monde actuel, doit être un peu missionnaire pour expliquer sa démarche et rectifier les idées reçues. Il y a tout à y gagner.

L’alimentation

Faut s’adapter…

Pour ce qui est de l’alimentation nous sommes passés par une période d’adaptation, pas toujours aisée compte tenu de l’environnement dans lequel nous vivons. Car oui ! Je confirme. Tout est fait dans notre société pour pousser les individus à consommer toujours plus de viande et de produits laitiers. Je n’y prêtais pas autant attention avant d’être végan, mais l’essentiel de la communication et de la publicité est orienté vers l’agro-alimentaire. La quantité de messages directs et indirects pour inciter à manger des animaux et leurs productions est hallucinante.

Nutriments essentiels

Et quand on creuse un peu la question de certains apports alimentaires nécessaires au maintien de la bonne santé on s’aperçoit très vite qu’il faut veiller au grain, sans jeu de mot. La politique alimentaire est organisée de telle manière aujourd’hui que certains apports nutritionnels (vitamines D et B12, iode) ne sont possibles qu’à travers la viande et le lait. Les industriels de l’agro-alimentaire, avec le concours aveugle ou intéressé des politiques, via les lobbies, a rendu l’humanité dépendante tout en détruisant la planète et sans résoudre le moindre problème de santé publique ni de famine. Bien au contraire. Seul l’argent compte pour ces industriels. Les problèmes de santé, quant à eux, sont un bonus pour une autre industrie, celle de la pharmacologie. L’homme a bâti un monde basé sur l’argent, il en paye le prix ! Logique…

Complément alimentaire vitamine B12 VEG1
Un bonbon VEG1 chaque matin et adieu les risques de carence !

Toujours est-il que pour palier une fois pour toute, et très simplement, au problème des nutriments dans l’équilibre alimentaire, nous croquons chaque matin un bonbon de VEG 1 au cassis ou à l’orange. Un petit bonbon et tout baigne. Pas de danger pour la santé. Même s’il n’est pas toujours facile de respecter un parfait équilibre, au moins nous sommes certains à 100% de ne subir aucune carence grave. Et c’est avec l’esprit léger que nous nous régalons maintenant uniquement de légumes, crudités, féculents, graines, fruits à coque, boissons végétales, etc., sans aucun autre besoin ni manque.

Même si durant des années nous avons pu nous régaler de viandes et poissons grillés au barbecue, ou encore de lait bien gras et de fromages bien coulants, aujourd’hui ne plus en manger n’est pas un problème. La satisfaction de ne plus faire de mal aux animaux l’emporte largement. C’est un réel bonheur et en aucun cas une contrainte. Essayez vous verrez…!

Le simili-carné c’est quoi ?

4 mois de veganisme en familleLe simili-carné (steaks, escalopes ou saucisses ayant l’apparence de viandes mais 100% végétaux, généralement à base de soja) ne nous intéresse même pas. Nous avons essayé et testé, bien entendu, mais franchement il y a plus de déception que de satisfaction dans ces expériences. Et à quoi bon manger quelque chose qui ressemble à de la viande, puisque nous ne voulons plus manger de viande et que notre joie se situe justement là ? À la rigueur pour un barbecue commun avec des omnivores ? Pourquoi pas ? Mais sincèrement des champignons, tomates, échalotes, pommes de terre, patates douces, poivrons ou épis de maïs grillés au barbecue sont aussi bons et nous suffisent amplement.

 

Faut lire les étiquettes !

Sur le plan pratique des courses nous avons pris l’habitude de lire vraiment très très attentivement les étiquettes de produits. Une bonne chose c’est que la règlementation oblige maintenant les fabricants à indiquer en caractères gras tous les produits allergènes dans la liste des ingrédients. Et comme par hasard il y a dans ceux-ci le lait, les œufs et leurs produits dérivés (beurre, poudre de blanc d’œuf, …), ce qui fait que l’on repère assez rapidement les produits non végans comme les soupes, par exemple, qui contiennent du lait. Il en est de même pour les arômes qui contiennent des produits d’origine animale, heureusement car il n’est pas rares de trouver des conserves de légumes cuits dans du jus de viande ! Pour certains produits, comme le miel par exemple, il faut lire attentivement.

4 mois de veganisme en familleMais d’une manière générale il n’y a pas de grosses difficultés à trouver des conserves de légumes, soupes et sauces, des biscuits et barres de céréales, du pain de mie, ou des mueslis, par exemple, qui soient végans. Du côté des légumes frais et des fruits frais c’est simple. On trouve aussi de plus en plus de céréales, graines, fruits secs et féculents variés qui permettent de ne pas tomber dans une routine alimentaire. Du côté des margarines, laits végétaux et yaourts au soja c’est pareil, il y a de plus en plus de choix.

Le végétalisme, comme le bio, s’installe maintenant durablement dans les rayons des supermarchés et à des prix abordables. Le message des autorités sanitaires consistant à manger moins de viandes commence à porter ses fruits. Sur le plan financier il n’y a pas de surcoût à manger exclusivement végétalien et bio car les économies réalisées sur les viandes, poissons et produits laitiers sont bien supérieures aux dépenses en nourritures plus saines.

Attention au veganisme intéressé

Faites toutefois attention aux marques qui prétendent commercialiser des produits végans dans l’intérêt des consommateurs alors qu’elles ne font que se diversifier et s’adapter à la demande en produisant moins de produits animaliers. Je pense notamment à une marque comme Herta qui vient de remplacer des additifs sans dangers et plus coûteux par de la poudre de blanc d’œuf moins chère dans des escalopes et steaks végétaux, Les rendant ainsi non-végans alors qu’ils l’étaient. Cela montre bien le mercantilisme de cette marque qui en aucun cas n’a créé ces produits par éthique. Ces marchands qui produisent avant tout des produits carnés, ne font que prendre place dans un marché qui évolue vers le végétal. Aucune éthique là-dedans, ne vous y trompez pas.

4 mois de veganisme en famille

Dans le même genre d’idée, faites attention aussi aux produits « Veggie » de Carrefour.  En fait le problème est qu’il ne faut surtout pas confondre produit végétarien et végétalien. Le premier pourra contenir des œufs, du lait, du miel, de la crème fraîche, du fromage, du beurre, etc., mais pas le second. D’où la nécessité de bien regarder également les logos. Un produit « veggie » n’est pas un produit « vegan ». Qu’on se le dise !

Olivier
15 juin 2017

 

 

 

 

 

 

 

Éthique végane

Éthique et… toc !

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L’éthique végane : le point de départ vers le véganisme.

J’espère que vous me pardonnerez ce petit jeu de mot. Mais oui, j’aimerai vous parler aujourd’hui de l’éthique végane. Personnellement, et cela vaut pour notre famille, je suis devenu végan il y a environ un mois seulement. Et je crois que c’est pour de bonnes raisons. À savoir qu’aujourd’hui, dans le monde où nous vivons, je suis intimement persuadé qu’il est devenu totalement inutile de continuer à s’alimenter, se vêtir, se chausser, se laver, se maquiller ou se distraire, en tuant, en maltraitant, ou tout simplement en exploitant les animaux. Voilà ce en quoi je crois et pourquoi nous sommes devenus végans.

Ceci parce que les animaux sont des êtres conscients et sensibles, au même titre que nous. Le terme approprié est « sentients« , ce qui signifie qu’ils ont la capacité de ressentir et d’éprouver des sensations subjectives. Autrement dit, ils n’ont pas forcément la raison qui leur permet d’analyser les sensations, mais ils éprouvent bel et bien ces sensations. Cela va de la douleur, la peine, la tristesse, la peur, jusqu’à la joie et le bonheur.

Sentience ou sentience ?

Et, j’ose le parallèle, j’aime beaucoup l’interprétation des philosophies orientales, du bouddhisme en particulier, qui définit aussi la « sentience » comme « la qualité métaphysique qui implique respect et sollicitude » (voir « sentience » sur Wikipédia…). Ce qui me permet de dire que « La sentience appelle la sentience ! » car nous devons respect et sollicitude aux animaux. Ce que notre société, malheureusement, refuse à ceux susceptibles de nourrir, habiller, soigner, embellir, et divertir l’homme.

Rien ne nous donne le droit de leur faire du mal ou de les exploiter, quelle qu’en soit la raison, au même titre que nous ne devrions jamais le faire pour un être humain. Pourquoi la vie ou la douleur d’un animal vaudrait-elle moins que celle d’un humain ? Bien sûr il y a quand même des limites, en cas de danger, aussi bien face à un animal qu’à un être humain je me défendrai. Mon respect pour les animaux s’arrête là où commencent mes propres droits à exister et cohabiter en paix. Autrement dit je ne me laisserai pas piquer par un moustique ou mordre par un chien au prétexte que j’aime et respecte les animaux. Ça va sans dire.

Un peu d’histoire

Famille préhistorique
Famille préhistorique

Je n’ai pas oublié non plus que l’homme a eu besoin, au cours de son histoire et de son évolution sur cette terre, de chasser ou pêcher pour se nourrir et s’habiller. C’est d’ailleurs, selon moi, ce qui l’a fait dévier de ce à quoi sa morphologie l’a prédestiné. À savoir être végétalien, frugivore pour être plus précis (voir cet article sur l’anatomie comparée). L’homme, s’il n’avait dû affronter des dangers et des situations engageant sa survie, ne se serait sans doute pas mis à tuer des animaux, ni à s’en nourrir. Tout comme les grands singes avec qui nous partageons la même aptitude au végétalisme, par nature, et qui, eux, sont restés préservés car ils n’ont pas quitté leur milieu naturel.

D’ailleurs, cette anatomie végétalienne, bien que destinée à un régime d’alimentation frugivore, n’exclut pas pour une très petite quantité de manger quelques petits animaux. Insectes et petits rongeurs en particulier. Mais à titre personnel je ne suis pas fan et m’en passe facilement (humour). Donc je comprends que l’homme ait protégé son espèce en s’adaptant aux circonstances et a consommé de la chair d’animaux pour des raisons vitales. Mais la question, la vraie question, est :  » Est-ce bien toujours nécessaire aujourd’hui ?  » Sachant l’injustice qu’elle entraîne envers les espèces que nous prenons pour cibles. Sans parler de l’esclavage et de la cruauté qui en découlent et que l’on impose à des être qui en ressentent les effets autant que nous. Et sachant, enfin, l’impact écologique de l’élevage et l’alimentation carnée sur l’environnement et la planète.

Et aujourd’hui ?

éthique végane : fruits et légumesDans notre société « moderne » nous pouvons produire ce que nous voulons comme légumes et fruits, sans tuer d’animaux. Tout ce que l’on peut déplorer en choisissant une alimentation exclusivement végétale, c’est que l’homme a tellement détérioré les terres agricoles que les aliments ne contiennent plus certains nutriments, en particulier la vitamine B12 vitale pour l’organisme humain. En effet, après des décennies de traitements et pulvérisations de pesticides et autres bactéricides, l’agriculture a endommagé gravement et durablement les sols en les rendant quasi infertiles sans les engrais. Pourtant cette vitamine B12 est indispensable à la santé humaine. Il est donc devenu nécessaire d’en compléter l’alimentation végétalienne. Au même titre que l’iode et la vitamine D (voir cet article sur ce sujet…).

Encore une fois ce n’est pas l’alimentation végétalienne qui justifie l’absorption de vitamines et compléments alimentaires, mais la pauvreté actuelle de ses apports nutritionnels en raison de l’environnement détruit par l’homme. Ceux qui se servent de cet argument contre les végans sont, au mieux ignorants, au pire de mauvaise foi. Pour en revenir à ma question, la réponse est non ! Bien sûr. Il est totalement inutile de tuer des animaux pour que l’homme survive, aujourd’hui, dans le monde actuel et les conditions où nous vivons, c’est ça le mot-clé. C’est pourquoi le choix d’une alimentation végétalienne est logique et peut être vu comme un simple retour aux sources de l’humanité. Lorsque l’homme s’alimentait de fruits et n’était qu’un cueilleur, et qu’il ne faisait aucun mal aux animaux.

Retour aux sources

L’analyse des excréments humains de l’époque paléolithique, lorsque notre ancêtre, l’homo sapiens, a vu le jour, démontre que son alimentation était exclusivement végétale. Sur cette période de 200.000 ans, seule une petite partie de celle-ci, vers la fin, après qu’il ait migré du sud vers le nord, l’a vu devenir omnivore pour s’adapter au froid, au manque de nourriture et aux prédateurs qui le menaçaient. Que l’homme soit par nature frugivore est une vérité scientifique démontrée par une réalité : son anatomie. Ceux qui prétendent le contraire sont dans l’erreur ou confondent le comportement alimentaire avec la prédisposition morphologique qui sont deux choses différentes.

Après la guerre, retour à la paix...
Après la guerre, retour à la paix…

Ce n’est parce que un comportement est adopté à un moment donné qu’il doit être permanent. Par exemple, en tant de guerre, l’homme adopte vis-à-vis de l’ennemi un comportement de combattant. Mais une fois la paix retrouvée il revient à sa nature pacifique et cohabite avec ses anciens ennemis. Voire les peuples français et allemands par exemple. Les guerres du XX° siècle les ont vu s’affronter. Aujourd’hui ils sont amis et ont fondé l’Europe ensemble avec leurs voisins. C’est bien la démonstration, à grande échelle, qu’un comportement peut s’inverser, d’une part, et que la nature peut reprendre le dessus, d’autre part.

Gardons espoir

Gageons qu’il en sera de même avec l’alimentation humaine et que l’homme reviendra à sa nature végétalienne pour, enfin, cesser d’exploiter, maltraiter et tuer les animaux. C’est un des fondements de l’éthique végane telle que je la conçois. Nul besoin d’être un végan activiste, voire extrémiste, pour faire passer le message, d’ailleurs le végan abolitionniste se veut non-violent. Il suffit d’expliquer pourquoi nous avons fait ce choix. C’est un message facile car il parle d’humanité et à l’âme. Bien sûr il y aura toujours des gens butés à l’esprit obtus. Mais je veux croire qu’ils ne sont pas majoritaires et que la raison et l’humanité l’emporteront au final.

Ceci dit, il semblerait qu’il y ait des nuances dans le véganisme. Comme toute attitude morale, elle a ses détracteurs à l’extérieur, mais aussi ses divergences à l’intérieur. J’ai été très surpris, par exemple, sur un groupe Facebook de végans abolitionnistes, d’être accusé de ne pas être en harmonie avec la charte du groupe. Ceci parce que j’ai posté un message d’information sur une action de l’Association L214 visant la fermeture d’un élevage insalubre de porcs. Et en plus j’invitais les membres du groupe à signer leur pétition dans ce sens. Cela m’a fait réfléchir et me renseigner sur la question.

Des variantes…

J’ai ainsi découvert que parmi les végans il a les welfaristes et les néo-welfaristes. Les premiers veulent seulement « changer » les traitements infligés aux animaux (les tuer sans leur faire mal…, on peut rêver…). Les seconds veulent y mettre fin, et « agissent » dans ce sens. Comme les associations du type L214, 269 Life ou PETA par exemple, mais sont prêtes à accepter la consommation de sous-produits animaux si on ne leur fait pas de mal et qu’on ne les tuent pas (lait et œufs par exemple). Pour moi ces approches ne sont pas véganes. Elles représentent des pensées et des actes utiles à la finalité du véganisme, en tant que premier pas ou étape, mais néanmoins insuffisants. Tout comme le végétarien qui, en consommant des œufs et des produits laitiers, ne fait qu’appliquer un régime qu’il juge bon pour sa santé, mais ne va pas au bout des choses.

Face à cela il y a le mouvement abolitionniste qui ne fait pas dans la demi-mesure et refuse toute forme d’exploitation des animaux, quelle qu’elle soit, y-compris la notion de propriété de l’animal. Elle les veut totalement libres et égaux à l’homme. À ce titre elle s’oppose aussi à la possession des animaux de compagnie. C’est sans aucun doute la plus pure et la plus respectable des approches, d’autant qu’elle se veut en même temps non-violente. Le mouvement végan abolitionniste a été défini ainsi par son propre créateur, Gary L. Francione.

Là ça coince !

En plus de la définition sans concession de Gary L. Francione, ce dernier a également rejeté au passage, et décidé de ne pas soutenir, les mouvements réformistes, ni ceux à cible unique. Donc qui réclament seulement de meilleures conditions d’élevage – les welfaristes – et ceux qui militent par exemple contre l’élevage et l’abattage – les néo-welfaristes – mais acceptent la consommation de sous-produits animaux pour peu que ces derniers soient bien traités (les élevages bio ou familiaux par exemple).

Je suis d’accord avec l’éthique abolitionniste. Il faut aboutir à l’arrêt total de l’exploitation animale par l’homme. Cependant, et c’est là où ça coince, je soutiens néanmoins les actions des associations en faveur de la fermeture des abattoirs car j’estime qu’il faut en passer par là pour aboutir à une abolition totale, au moins en tant qu’étape intermédiaire sur la route du partage idéologique total. Tout comme je comprends aussi que des personnes puissent avoir des animaux de compagnie, à la condition toutefois de ne partager que de l’amour avec, de les laisser libres, et de n’exercer aucune forme de violence envers eux.

Et en plus, le tortionnaire que je suis n’hésite pas à écraser un moustique qui veut le piquer (pourquoi je laisserai un animal me voler mon sang, risquer de me refiler une maladie grave, et me faire mal en plus alors que je refuse que l’homme en fasse autant à ses congénères). Tout comme je conçois que quelqu’un qui héberge un chat ne l’empêche pas de chasser des mulots où des oiseaux (il ne faut pas oublier que le chat, lui, est un carnassier). Pourtant toutes ces attitudes sont rejetées par les végans abolitionnistes. Mais à ce stade il faudrait peut-être les nommer « végans extrémistes » ou « végans radicaux« …

À propos de ces situation ambiguës cela me fait penser à une vidéo que ma fille m’a fait regarder. Il s’agit d’un « COUP DE GUEULE VÉGAN » diffusé par Didi Chandouidoui, un youtubeur bien connu, au sujet duquel j’ai appris par cette vidéo qu’il était végan. Où plutôt non ! Il n’est plus végan à cause des « végans abolitionnistes purs et durs, et preneurs de tête » qu’il appelle « les glandus« . Mais regardez plutôt…:

Où suis-je et dans quel état j’erre ?

Je ne peux donc pas faire autrement que de me poser la question : Où est-ce que je me situe exactement par rapport à l’éthique végane ? Je suis abolitionniste, là-dessus mon engagement est précis et définitif, je veux que la société évolue vers le rejet de toute forme d’exploitation de l’animal par l’homme, c’est très clair pour moi. Tout comme il n’est plus question pour moi de manger la moindre nourriture animale, Même les « sous-produits » évidemment. Mais pourquoi ne serais-je pas végan en soutenant L214 qui veut faire fermer des abattoirs ? Là j’ai un petit problème. Et je suis d’accord avec Didi à 100%.

Il y a d’autres cas où les animaux peuvent être, disons partenaire de l’homme. Je pense en particulier aux chiens qui aident les sauveteurs de la sécurité civile à rechercher les personnes ensevelies sous les décombres en cas de tremblement de terre. Où encore ceux qui aident à rechercher des personnes disparues. Il y a aussi les chiens d’aveugles et les chiens truffiers. Je pense également aux chevaux et bœufs utilisés par les petits cultivateurs pour les aider. Où plus récemment les chiens qui sont capables de déceler un cancer avec un taux de réussite de 100%. Grâce à leur flair extraordinaire, ou leur force,  ces animaux aident les hommes et certains sauvent des vies. Doit-on abolir ces formes de partenariats entre l’homme et l’animal ?

Partenaire particulier

éthique véganeJe sais, partenariat, cela sous-entend que chacun a la volonté de participer et qu’il y a généralement une contrepartie à l’aide apportée. Dans les cas que j’ai cités l’animal n’est sans doute pas volontaire, c’est vrai. Mais il ne rechigne pas à aider en contrepartie de la récompense qu’il en tire. Et puisqu’on lui reconnait une conscience, celle-ci ne pourrait-elle pas accepter d’aider l’homme ? Après tout il y a des tas d’humains qui apportent un savoir ou une capacité particulière à des associations ou des causes, même sans contrepartie.

Pourquoi ne ferait-on pas évoluer cette notion de « chien dressé », négative envers l’animal, vers celle de « chien aidant », plus positive ? Après-tout de quoi s’agit-il ? L’animal aide l’homme dans des situation où ses capacités lui sont supérieures. En échange il reçoit des récompenses : bonbons, caresses, nourriture, hébergement, confort. La joie qu’il exprime en les recevant ne trompe pas. Cela le rend heureux. En revanche, ce qui serait inadmissible de mon point de vue c’est de « dresser » un animal avec des méthodes coercitives, en utilisant la force et la violence, ou encore la privation. Mais lui « apprendre » une action moyennant récompense, pourquoi pas ? Après tout les parents ne font-ils pas ça avec leurs enfants pour les diriger dans une meilleure voie ?

Ni blanc, ni noir

éthique végane
L’intransigeance des glandus peut aller à l’encontre des objectifs végans…

Finalement tout est dans la nuance, mais une nuance importante qui exclut tout forçage et toute violence. Je pense que s’il est possible d’obtenir l’aide des animaux dans ces conditions c’est admissible. Il faudrait remplacer dans le droit la notion de « propriété » d’un animal par la notion de « responsabilité » de l’animal. Et sans doute encadrer légalement ces situations d’animal « partenaire » de l’homme de sorte qu’il n’y ait pas de dérive. Un exemple : que le chien d’aveugle guide son « partenaire » humain dans la rue afin qu’il ne lui arrive pas d’accident, mais ne soit pas « dressé » à amener le journal ou les pantoufles afin de ne pas tomber dans une forme de soumission assimilable à de l’esclavage. Encore qu’il y a des humains qui font ce travail moyennant salaire, on ne les considère pas pour autant comme des esclaves.

Cette question de l’aide animale peut faire débat, et elle montre que la limite de l’exploitation animale est une frontière mouvante. Sur ce sujet le seul mot d’ordre, de mon point de vue, est de ne faire aucun mal à l’animal, ni le rabaisser. Le monde n’est ni blanc, ni noir, mais plutôt gris, cette question n’y fait pas exception. N’en déplaise aux « glandus » !

La touche « écolo »

L’aspect environnemental est venu s’ajouter ces dernières décennies aux raisons de respecter une éthique végane. Nous avons, en effet, pris conscience de l’impact de la consommation des animaux (besoins en eau, rejets atmosphériques dégradants la couche d’ozone par augmentation des gaz à effet de serre – GES). Ces impacts sont loin d’être marginaux :

  • près de 15% des émissions de GES proviennent de l’élevage (soit plus que le secteur des transports)
  • le secteur de l’élevage produit 7,1 milliards de tonnes d’équivalent CO2 par an
  • l’élevage est responsable de 80% de la déforestation en Amazonie, la France dans les premiers
  • produire 1 kg de bœuf consomme 13.500 litres d’eau, soit 10 fois plus qu’un kg de céréales
  • 70% de la surface agricole mondiale est utilisée pour le bétail (pâturages et nourriture)
  • 1/3 des céréales produites dans le monde nourrissent les animaux alors que la même quantité nourrirait 1/3 de la planète (3 milliards d’êtres humains), supprimant ainsi la malnutrition et la faim dans le monde

Même si ces effets sont secondaires par rapport à l’arrêt de la mise à mort de milliards d’animaux, chaque année, pour s’en nourrir, ils n’en sont pas moins dévastateurs sur le plan environnemental et méritent d’être pris en considération. Surtout par les écologistes. D’ailleurs je me pose la question : Sachant tout ce qui précède, comment un écologiste, aujourd’hui, peut-il encore consommer de la chair animale et des produits laitiers ? Je pense que tout écologiste qui se respecte devrait être végan. L’écologisme ce n’est pas que l’arrêt du nucléaire. C’est faire en sorte de laisser une planète viable et dans le meilleur état possible aux générations futures. C’est respecter la planète et la nature dans son ensemble. Le choix de l’écologie ne devrait pas être parcellaire mais global.

Et à par l’alimentation

Au Vietnam, des crocodiles se font inciser et dépecer pour des sacs en cuir
Au Vietnam, des crocodiles se font inciser et dépecer pour des sacs en cuir.

Comme nous l’avons déjà vu, l’éthique végane balaye large pour ce qui est de l’inventaire des mesures à prendre pour lutter contre l’exploitation des animaux. Dans les médias on entend quelquefois parler des dérives de l’élevage en terme de maltraitance. Évidemment, cela fait sensation, les images sont choquantes, et c’est ce que recherchent les médias. Bien sûr c’est utile de mon point de vue car tout ce qui peut pousser les gens à réfléchir à ce qu’ils provoquent en mangeant de la viande et en buvant du lait  ira un jour ou l’autre au bénéfice de la cause. Mais de nombreuses exactions sont passées sous silence. On entend très peu parler des expériences et des tests effectués sur les animaux dans la recherche. Ceci touche en particulier les secteurs de l’aéronautique, la médecine, la pharmacie, la cosmétologie. et j’en passe.

Virtualisation

http://www.massacreanimal.org/fr/no_tests.php
Listes des compagnies qui testent ou non sur les animaux…

Pourtant bon nombre de ces expérimentations sur les animaux, peut-être même toutes (je ne suis pas assez spécialiste pour pouvoir l’affirmer), pourraient être virtualisées. On arrive bien aujourd’hui à poursuivre la recherche nucléaire sans plus faire exploser de bombes nucléaires. Ce serait plus couteux ? Et alors ? La vie ne devrait pas avoir de prix, d’une part, et d’autre part les coûts sont de toutes façons répercutés sur les produits finis, sans parler de toutes les subventions et autres crédits d’impôts qui sont alloués au secteur de la recherche.

éthique végane - Adidas utilise des peaux de kangourous dans certaines chaussures. Est-ce pour courir plus vite ?
Adidas utilise des peaux de kangourous dans certaines chaussures. Est-ce pour courir plus vite ?

Il est inadmissible, aujourd’hui, de continuer à persécuter des animaux pour mettre au point des produits, des plus importants aux plus futiles. Surtout quand on entend certains scientifiques expliquer que le fruit de ces tests ou recherches ne permet même pas de tirer des enseignements et des conclusions pratiques pour l’homme.

C’est pareil pour ce qui concerne les vêtements et les chaussures. Les matériaux les plus divers existent pour remplacer les matières animales dans l’habillement. Il n’y a absolument aucune raison de continuer à tuer pour s’habiller ! L’éthique végane commande de boycotter tous les produits de consommation, soit comportant des produits issus des animaux, soit ayant nécessité des tests ou expérimentations sur eux. Et c’est normal !

À quel prix nous amusons-nous avec les animaux ?

Faisons maintenant un petit détour par le monde des loisirs. Cirques, corridas, ballades en poneys, zoos, courses et combats d’animaux, parcs aquatiques, etc. Hé oui, quand l’humain s’amuse, se sont bien souvent aux dépends des animaux. L’homme rit, l’animal trinque !

http://www.massacreanimal.org/fr/cirques.php
95% de leur vie enchaînés : la vie des animaux de cirques !

Au motif de s’amuser ou, soi-disant, d’éduquer les enfants, on extraits les animaux de leurs milieux naturels, on les dresse par la peur et la privation, et on les exhibe sans la moindre considération ni un minimum de respect pour leur conscience. Pourtant ce sont des êtres sentients, comme expliqué au début de cet article. Au nom de quoi pouvons-nous les capturer, les dépayser, les enfermer, les dresser, les exhiber, les castrer, bref, s’accaparer leurs vies et leurs libertés ? Non, franchement, je ne vois pas quelle raison pourrait autoriser cela.

Si l’on veut montrer les animaux pour des raisons de découvertes des autres espèces, d’enseignement et de connaissance, il suffit de les observer et les filmer dans leurs milieux naturels respectifs, comme le font très bien les naturalistes et documentaristes animaliers. C’est largement suffisant. Inutile d’y ajouter la cruauté. L’exhibition des animaux à un public, dans les villes, n’est rien d’autre qu’un voyeurisme malsain totalement inutile. toutes ces activités son à bannir de notre société « moderne et évoluée » !

Bien sûr, certains mettent en avant « La protection des espèces en voie de disparition » pour justifier l’existence de zoos ou parcs animaliers. Si toutes les sommes qui sont dépensées dans la création de ces espaces confinés inadaptés aux animaux étaient investies dans la protection des animaux dans leurs milieux naturels le but serait pareillement atteint, sans prendre le risque de laisser s’éteindre quand même ces espèces qui ne peuvent, pour bon nombre, vivre et se développer autrement qu’en liberté. C’est une simple question de bon sens.

L’éthique décortiquée

Pour conclure cet article, voici un petit récapitulatif des règles observées par les végans. Le refus d’exploiter les animaux, et donc de consommer tout produit qui serait issu de cette exploitation, va bien au-delà de la nourriture. Les composantes de l’éthique végane :

  1. ne pas consommer de nourriture animale (viande, poisson, …)
  2. ni de nourriture produite par les animaux (lait, œufs, fromages, miel)
  3. ne pas s’habiller avec des matières premières issues de l’exploitation animale (peaux, fourrures)
  4. ni utiliser de produits testés sur les animaux (pharmacie et cosmétique)
  5. ne pas participer à des loisirs exploitants les animaux (corridas, courses et combats d’animaux, …)

Comme on peut le constater immédiatement, le respect de l’éthique végane va bien au-delà de l’alimentation, c’est tout le mode de vie du végan qui est influencé par son choix.

Vidéo PETA avec Paul McCartney qui déclare : « Si les abattoirs avaient des vitres, tout le monde deviendrait végétarien ! » :

Conclusion de la fin du terme de cet article

Reste à chacun de fixer ses propres limites à la frontière de l’exploitation animale. En particulier pour ce qui est du soutien aux associations activistes, d’une part, et pour ce qui concerne les relations entre les animaux et les humains pour effectuer certaines tâches et vivre ensemble, d’autre part.

Je pense avoir ici posé les bases de ce que pourrait être le partenariat entre l’homme et l’animal. Dans certaines occasions où l’animal montre des capacités et une efficacité supérieures à l’humain, ou très utiles, ou encore complémentaires. Et même tout simplement lorsque l’homme et l’animal vivent ensemble. Le droit pourrait définir une notion de « responsabilité d’un animal » (en lieu et place de la « propriété ») qui serait encadrée par des obligations, pour l’humain, de ne faire aucun mal à l’animal et de lui procurer gîte et couverts. Ceci assorti de sanctions dissuasives (amendes et emprisonnement) pour les contrevenants, à la hauteur du mal fait à l’animal.

Ceci serait un grand pas en avant fait par notre espèces, en faveur des autres espèces. Nous avons la raison en plus de la sentience par rapport aux animaux. Servons-nous en à bon escient pour les protéger.

Prédateur ou protecteur, ami lecteur, fais ton choix !

Olivier
22 mars 2017

 


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